Vous l’avez sans doute croisé dans ses activités à Stanislas, il s’est dévoué longtemps pour les anciens et a été nommé vice président d’honneur. Il s’est éteint le 8 juin 2010.
Sa relation avec Stan a été une longue histoire de famille.
Son père, Pierre Méline, de souche Lorraine, docteur en droit et en philosophie, s’est fortement investi dans la formation en philosophie de nombreux élèves de Stan qui, pour certains, sont devenus ministres, intellectuels ou capitaines d’industrie.
Il avait effectué toutes ses études à Nancy. Puis proche de Marc Sangnier, il a été membre du «Sillon». Il se destinait au Notariat, mais la guerre en a décidé autrement. Pendant la guerre de 14/18, lors d’une offensive, à la tête de sa section, il fut très grièvement blessé (sa blessure ne sera cicatrisée qu’en 1936). Il se dirigea alors dans l’enseignement et devint chef de maison « à l’école des Roches » puis fut nommé professeur de philosophie à « Stan » et à l’Institut de l’Assomption («Lubeck») pendant de longues années.
Sa mère était la sœur d’Alfred Michelin qui a crée la « Bonne Presse » (La Croix, Bayard Presse …)
Jacques Méline a effectué sa scolarité à Stan, puis a suivi des études supérieures en droit, en philosophie et à Sciences Po quand il a été mobilisé en mai 1940 dans l’aviation à Bordeaux.
Après quelques missions de guerre et suite à l’occupation de la zone par les allemands, il s’est retrouvé dans un camp de « jeunesse et montagne » à couper du bois dans les Pyrénées en zone libre pour terminer son engagement militaire.
Libéré fin 41, ne voulant pas rentrer à Paris sous l’occupant, il trouva le moyen de passer en Algérie, travailla sur un domaine agricole en Tunisie. En novembre 1942, après le débarquement Américain en Afrique du Nord, il franchit les lignes de combats et s’engagea dans les forces de libération.
En 1943, il part pour les Etats-Unis effectuer son entraînement de pilote dans le 3ème détachement (les américains formaient un détachement par mois de 100 pilotes). Il reviendra en France, pilote de guerre en 1944, pour intégrer l’armée de l’air française.
Son jeune frère Bertrand, élève en « prépa » à Stan, affilié à un réseau de résistance, fut vendu par un de ses camarades alors qu’il tentait avec d’autres élèves de rejoindre une unité combattante en Sologne. Il a été fusillé par les allemands à Marcilly en Villette le 10 juin 1944 avec ses compagnons de maquis.
Jacques Méline quittera l’armée en janvier 1946, mais restera dans les réserves actives. Il fut nommé Officier de la Légion d’Honneur et Croix de Guerre 1940/1945 pour ses faits de guerre et ses activités d’administrateur de la France Mutualistes des Combattants.
Il entra à Air France, où son expérience de pilote, son sens de la diplomatie et sa grande maîtrise de l’anglais encore rare à l’époque, l’ont amené à parcourir le monde pour participer, sur le plan technique, au développement de l’aviation civile international dans le cadre de l’IATA, l’OACI, de l’OTAN et de la coopération aéronautique européenne.
Toujours fidèle à ses convictions, en 1981, suite aux propositions de lois, afin de défendre l’école libre, et à l’instigation d’Yvan TEQUI, il a donné une nouvelle impulsion à l’association des anciens élèves de Stan, pour qu’elle soit un soutien pour Stan et l’enseignement libre, comme il était coutume de le réaliser dans les moments difficiles.
Homme de conviction, Jacques Méline a toujours défendu les valeurs chrétiennes acquises à Stan. Une foi profonde en Dieu fut le moteur d’une existence qui conjuguait Devoir et Espérance.
